dimanche 2 mai 2010

Santé Mentale et représentations : les images du « fou » et du « malade mental »

Les représentations en santé mentale :

La santé mentale souffre de représentations négatives, les images du « fou » et du « malade mental » sont encore trop souvent associées aux comportements violents ou à la criminalité. Cette enquête, réalisée en 2004, nous donne l'occasion de revenir sur nos représentations et sur le regard que nous portons sur la maladie.

Elle
a été réalisée par le Centre Collaborateur de l’Organisation Mondiale de la Santé (CCOMS) et la Direction de la Recherche, des Études, de Évaluation et des Statistiques (Drees) auprès de 36 000 personnes âgées de 18 ans et plus en France métropolitaine. Elle s’est déroulée entre 1999 et 2003 en s’appuyant sur un outil de repérage, le questionnaire Mini, et la classification internationale des maladies (Cim 10).

Ce sera pour moi l'occasion de débuter une série d'articles sur la violence et les troubles psychiques afin de revenir sur un ensemble de réalités, sur nos représentations, sur la réelle violence dans la maladie, celle subie par les personnes en situation de handicap psychique et sur les violences institutionnelles.

Bonne lecture
Pascal

Extrait de l’enquête de 2004 : Santé mentale en population générale. Troubles mentaux
et représentations de la santé mentale.

Cette enquête

Les représentations des problèmes de santé mentale : les images du « fou » et du « malade mental » sont associées aux comportements violents...
L’enquête Santé mentale en population générale : images et réalités permet, outre les éléments de repérage des troubles mentaux qu’elle contient, d’apprécier la perception qu’a la population générale des problèmes de santé mentale. Cette perception est appréhendée par deux questionnements distincts. Il s’agissait d’abord, pour les personnes interrogées, d’associer les termes de « fou », « malade mental » et « dépressif» à des comportements ou conduites censées être ceux des personnes souffrant de troubles mentaux. Les enquêtés étaient ainsi appelés à indiquer si un comportement donné (par exemple : « quelqu’un qui est violent envers lui-même ») relève du « fou », du « malade mental », du « dépressif » ou d’« aucun des trois ». Chaque enquêté devait également préciser s’il jugeait ces comportements «normaux/anormaux», et « dangereux/peu dangereux».
L’enquête donne par ailleurs des éléments sur l’idée que se fait la population générale de l’offre de soins, du mode d’accueil et de la place du « fou », du « malade mental » et du « dépressif» dans la société.
Les trois items choisis (« fou », « malade mental » et « dépressif ») conditionnent pour partie les opinions émises.
Comme l’ont montré les premiers résultats sur neuf des sites enquêtés, les résultats définitifs12 présentés ici confirment que ces trois termes correspondent pour la population à des notions très différentes quant à leur gravité et leur possibilité de les soigner. Le terme « fou » est ainsi plus fréquemment que « malade mental », et plus 12 encore que « dépressif », associé à l’idée de meurtre. 45 % des personnes interrogées pensent que commettre un meurtre est associé au fait d’être « fou », et 30 % « malade mental » (graphique 4).
D’autres attitudes violentes comme le viol ou l’inceste sont par contre liées à l’image du « malade mental » plus que du « fou » : pour 46 % des personnes, quelqu’un qui commet un viol ou un inceste est « malade mental » et un peu moins de deux personnes sur cinq pensent que ces actes violents sont le fait de « fous ». Ainsi, les attitudes les plus violentes (commettre un inceste, un viol, battre sa famille…) sont, selon les enquêtés, associées à la folie et à la maladie mentale.
Le « malade mental », s’il peut se rapprocher du « fou » par des comportements violents, est plus souvent considéré comme ayant un problème médical.
Si, pour 46 % des personnes interrogées, commettre un viol ou un inceste est associé
au fait d’être « malade mental », d’autres comportements plus liés à des troubles mentaux comme le délire, les hallucinations, les déficiences intellectuelles lui sont aussi associés pour près de la moitié des Français métropolitains. La notion de « dépression », entendue par les enquêtés, ne recouvre pas forcément la dépression cliniquement reconnue comme telle. On sait que ce terme est largement utilisé dans le langage courant et peut désigner toutes sortes de difficultés psychologiques.
D’après l’enquête SMPG, les comportements que les personnes interrogées attribuent au « dépressif » se distinguent nettement de ceux qu’ils imputent au « fou » ou « malade mental ». Pour 87 % des personnes interrogées, quelqu’un qui « pleure souvent, qui est triste » a un comportement qu’ils associent au fait d’être « dépressif », et 62 % pensent qu’une personne « en retrait, qui cherche à être seule » l’est également.
Les comportements violents sont très peu caractéristiques du « dépressif » pour les personnes interrogées, sauf le suicide : pour 80 % de la population, quelqu’un qui tente de se suicider
a un comportement qui caractérise un « dépressif ». ... mais la dépression est perçue
comme un trouble guérissable. L’opinion générale de la population semble donc faire une distinction forte entre les termes de « fou » et « malade mental » d’un côté, et de « dépressif » de l’autre. Cela se retrouve dans les représentations des soins et de la prise en charge. Le « fou », comme le « malade mental », ne peuvent pas être soignés sans médicaments selon 78 % des Français métropolitains de 18 ans et plus.
Les opinions sur les résultats des soins et des traitements sont aussi très différentes. 69 % des personnes pensent qu’il n’est pas possible de guérir un « fou », et près de 90 % déclarent que l’on ne pourra jamais le guérir totalement. Bien que moins massives, les conceptions concernant la guérison du « malade mental » sont relativement proches : 55 % des enquêtés pensent qu’il est impossible de guérir un « malade mental » et, pour près de 80 %, impossible de le guérir totalement.
Le « dépressif », lui, est considéré comme beaucoup plus accessible à la guérison : 94 % des enquêtés pensent que l’on peut le guérir et, pour 75 % d’entre eux de manière complète. Cette opinion est d’ailleurs partagée par les personnes repérées comme « dépressives » par le Mini : 93 % d’entre elles pensent que l’on peut guérir un « dépressif », et 73 % totalement. Ainsi, la dépression, curable voire « passagère », se distingue nettement pour les enquêtés de la « folie » et de la « maladie mentale ».

ANGUIS M., « La perception des problèmes de santé mentale : les résultats d’une enquête sur neuf sites », Drees, Études et Résultats, n° 116, mai 2001.

L'enquête dans son intégralité ICI

2 commentaires:

  1. Thank you for this article. It’s cool ,to get listed all those links…Thank you.

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  2. Merci ,tres utile pour mon travail !

    Inés

    Chili

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